A la découverte de Kuttolsheim

Kuttolsheim

« Quel beau jardin ! » se serait écrié Louis XIV découvrant pour la première fois le Kochersberg du haut du col de Saverne.

 

 

Historique

 

Situation géographique

Latitude : 48°38’36 4’’ ------ Longitude : 7°31’28’’ Est ---- Altitude : 160 m

Le KOCHERSBERG, coteau au nord-ouest de Strasbourg, était couronné d'un château fort appartenant aux évêques de Strasbourg. Ce château a été pris et repris très souvent à l'époque ou les évèques n'hésitaient pas à soutenir leurs prétentions l'épée à la main, sa position suffit à expliquer la grande place qu'il occupait dans l'Histoire. Il ne reste aujourd'hui plus rien de la forteresse .

C'est pourtant cette citadelle qui a donne son nom à toute cette region qui constituait, en effet, par la richesse de son sol une inépuisable source de fortune et, par consequent, de puissance pour celui qui en était le maître.

Le village de Kuttolsheim est situé dans la partie méridionale du Kochersberg au débouché du vallon de la Souffel qui y prend sa source.

Kuttolsheim est vraiment un charmant petit endroit, et cela, non seulement pour le plaisir de ses habitants. C'est l'un de ces lieux bénis dont rêvent les citadins, à qui manquent le calme, la verdure et les relations humaines sans agressivité ni impatience.

Les habitants sont prêts à parler de leur commune au riche passé. Le seul nom de la commune, avec son évolution qui a connu des douzaines de variantes, pourrait fournir matière à des discussions de plusieurs heures. Parmi elles, Kittenheim est celle que les habitants connaissent le mieux, bien que les coings, qui ont longtemps orné les armoiries de la commune, aient disparu depuis longtemps. Par contre, la réalité que désigne Kuttolsheim est extrêmement vivante.

Le "Kuttel", la cuvette dans laquelle le village est niché, est toujours là. Et c'est sans doute elle qui fait de Kuttolsheim un pays de sources. L'eau est effectivement omniprésente. Il y a deux décennies, elle mettait encore en mouvement cinq moulins.

 

 

ARCHEOLOGIE

Situé à mi-distance entre Saverne et Strasbourg, Kuttolsheim joua un rôle important pendant la période romaine dont la valeur est attestée par un ensemble de découvertes archéologiques.

C’était un nœud routier à l’intersection de 2 axes stratégiques, le premier correspondait à la voie Strasbourg- Saverne puis Metz (Divodurum); voie que l’on nomme d’Remerstross et le second axe de Marlenheim à TRuchtersheim. Kuttolsheim se trouvait aussi à la jonction de routes secondaires, l’une venait de Lorraine par Wasselonne et Nordheim, une autre en partance de Hochfelden en passant par Neugartheim.

 

Période romaine, l'eau de la Souffel


Tout d'abord, la rue principale s'appelle ici la Romerstrasse (Rue des Romains). Pour ravitailler en eau potable Argentoratum (Strasbourg), les Romains amenaient l'eau d'ici, qui ne gèle jamais et a une température constante de 11°C, jusqu'à Strasbourg via un aqueduc de 19 km de long, composé de 73 000 tuyaux en terre cuite, dont on peut encore voir les vestiges au Musée Alsacien. » En effet, cette eau est omniprésente à Kuttolsheim. Elle jaillit du sol par d'innombrables sources. Il y a encore deux siècles, elle actionnait les roues de cinq moulins.

En effet, la SOUFFEL est alimentee par des sources d'eau sulfureuse, dont l'une naît sous l'autel d'une petite chapelle, qui sont recueillies par le Schweffesee (lac de souffre) où la rivière trouverait son etymologie.
On peut puiser sans crainte d'assechement dans ce petit reservoir : le débit des sources souterraines atteint 17 litres à la seconde. Et outre les vertues therapeutiques de cette eau sulfureuse, elle a une temperature constante de 11 à 13° et ne gèle donc jamais, même durant les hivers les plus rigoureux.
L'importance du debit de ses sources est prouvée : à 80 metres de sa source tournait déja le premier moulin.

Aujourd'hui encore, elle fait partie de la vie quotidienne de la population.
À Kuttolsheim, au siècle dernier, de nombreuses femmes lavaient encore leur linge dans la Souffel. « En hiver, quand il fait froid, la vapeur s'en échappe et on peut s'y réchauffer les mains. »

 

Le vin, toujours le vin
On raconte cependant que le roi Dagobert, qui possédait un domaine dans les environs, avait construit deux immenses conduites jusqu'à Strasbourg. L'une partait de Marlenheim et acheminait le vin rouge, l'autre de Kuttolsheim, et par celle-ci coulait le vin blanc à flots. D'ailleurs, les habitants peuvent s'étendre des heures sur ce sujet.

Ils parlent aussi des noms de rues : du « Wingaessel » (ruelle du vin), où se trouvait autrefois le pressoir commun, où les paysans versaient leur dû aux autorités; de la « Sinngasse » (ruelle du jaugeage), qui rappelle les tonneaux jaugés « mesuré, jaugé ». « D'ailleurs, le restaurant où les villageois se retrouvaient tous les dimanches après la messe pour prendre l'apéritif s'appellait «Le Vignoble ». Ce qui prouve encore une fois que la viticulture était autrefois l'une des principales activités de la commune.

Et inévitablement, on en vient à regretter l'époque où le Riesling de Kuttolsheim était célèbre et à parler du phylloxéra qui, à la fin du XIXe siècle, a déraciné les vignes sur un sol si fertile.

 

La Souffel et ses moulins

Selon les archéologues, cet aqueduc a probablement été construit par les ingénieurs de la légion VIII Augusta (des tuiles estampillées ont été trouvées en plusieurs endroit de la tranchée de l'aqueduc). Cet ouvrage avait un dénivelé de 60 m (soit une pente moyenne de 0,2%), était constitué de 2 tuyaux parallèles, comprenants de petits éléments en céramiques légèrement coniques de 62 cm à 65 cm de long pour 25 cm de diamètre. Au niveau des joints d'assemblage, une petite rainure permet la tenue du mortier de chaux. Plus de 83000 tuyaux sortirent des tuileries légionnaires d'Argentoratum.
Des regards en grès (columnaria) étaient aménagés à intervalles réguliers, permettant le contrôle des débits, la maintenance et de réduire la pression interne dans la conduite.
Une route, destinée à l'entretien et aux réparations longeait l'ouvrage.

 


Période mérovingienne

Au lieu-dit "Hinter Gasse ", des sépultures mérovingiennes ont été découvertes.

Trois nouveaux sarcophages (propriété Stoll) furent retrouvés entre 1938 et 1939

  • le premier de dimensions 1,52 m x 50 cm, hauteur de 40 cm orientée ouest-est contenait le squelette d’un enfant de 3 ans ainsi qu’un vase avec des restes de nourriture calcinés
  • le second sarcophage 10 cm à côté du premier 1,90 m x 54 cm x 50 cm contenait les restes d’un enfant de 7 ans, un collier, un bracelet en perles de verre, des pièces percées, d’une boucle en fer et d’un vase décoré de croissants.
  • le troisième était fait de dalles en grés ( 1,90 m x 65 cm) et renfermait le squelette d’un adulte. Cette tombe contenait aussi une garniture de ceinture en fer, un couteau et un vase.

La datation de ces tombes : 7ème siècle

Le nom de Cuttelsheim apparaît dès 758 sur un acte de donation au profit de l’abbaye de Schwazach (Bade).

 

Le temps des artisants

(extrait DNA Avril 1977)

 

Avant que le village ne s'appelle Kuttolsheim, il avait bien une douzaine de noms, allant de < Cuttelosheim > au 8e siècle à Gutholsheim et Kittenheim en passant par ... « Kittols- heim ».

En effet, au 17e siècle - il est difficile de se l'imaginer - les collines, la plaine étaient cultivées en chanvre. À cette époque, de nombreux habitants étaient tisserands et tissaient les « Kittel » (blouses, chemises) à longues manches, que l'on retrouve encore aujourd'hui dans le costume de certains groupes folkloriques. Au fil des siècles, les tisserands ont été remplacés par des hommes d'affaires, des paysans et des ouvriers.

Cependant, si l'on quitte la rue principale, il arrive que l'on trouve encore, dans une ruelle, dans une cour, de tels artisans qui ont poursuivi toute leur vie la tradition de leurs ancêtres et qui savent très bien qu'ils sont les derniers, les « Allerletschte » (les tout derniers). C'est le portail d'une ferme comme tant d'autres. Aucun étranger ne se doute que, après avoir franchi ce portail, monté quelques marches, on arrive à l'atelier du cordonnier.

Une petite pièce sombre, où des chaussures, des ceintures et des outils sont empilés et où règne une forte odeur de cuir et de colle. Et cette pièce sombre mène étrangement à une magnifique cour intérieure, où des arbres poussent et des poireaux s'épanouissent. C'est là que M. Charles Gangloff, coiffé d'une casquette et portant un tablier de cuir, vous regarde attentivement par-dessus ses petites lunettes et pose son marteau. « Je suis le dernier « Schuhpeches » (cordonnier) du village. Non, cela ne vient pas de « Pech » (malheur, poix), mais de « Pech » (poix), la colle de cordonnier que M. Gangloff utilise depuis 1918.

Car M. Gangloff, aujourd'hui âgé de 70 ans, a commencé son apprentissage à l'âge de 14 ans. Son arrière-grand-père, son grand-père, son père, ses deux frères, et même ses deux beaux-fils étaient cordonniers. Une véritable « Pechesfamilie » (famille de cordonniers) donc, qui a travaillé comme on ne travaille plus aujourd'hui. « Au début, nous fabriquions de nouvelles chaussures. Clouées sur bois quand nous étions encore allemands, « cousues main » quand nous sommes redevenus français. » Et puis après la guerre, tout a changé. « Ensuite, « ils » ont fabriqué les chaussures et nous, par contre, nous n'avons fait que les réparations. Certes, il y a différents matériaux à travailler, mais à part ça, le travail est toujours le même. Et pour prouver qu'autrefois c'était plus intéressant, M. Gangloff sort une chaussure. Une toute petite chaussure noire, presque un jouet, qu'il a fabriquée en 1925. « Pour cette chaussure d'enfant, j'ai utilisé toutes les techniques et tous les outils du cordonnier. » Et il montre les parties cousues sur la trépointe, les parties clouées avec du bois et du fer, les pièces collées, celles travaillées au rouleau, les parties arrondies. Combien de temps lui a-t-il fallu pour réaliser ce chef-d'œuvre ? Une journée entière ! Est-il alors étonnant qu'il qualifie la plupart des chaussures qui arrivent aujourd'hui sur le marché, d'un ton définitif, de « bil-aabn lige Schlappe » (savates bon marché) ? S'il pouvait recommencer sa vie, il redeviendrait cordonnier, mais comme il l'était avant la guerre ! « D'autant plus qu'aujourd'hui, ce n'est plus rentable. » Son fils, par exemple, qui a également appris le métier de cordonnier, a dû se reconvertir. Aujourd'hui, il est mécanicien. Ce que M. Gangloff regrette le plus, finalement, ce sont les fins de journée d' autrefois, lorsque les badauds se rassemblaient tous les jours devant sa boutique. Aujourd'hui, les commérages quotidiens se tiennent devant la laiterie, c'est là que l'on se retrouve.

Avant, c'était chez M. Gangloff, le cordonnier, ou chez André, le forgeron...

Deux chevaux pour un village entier ...

Aujourd'hui, il ne reste plus que deux chevaux dans tout le village. Et M. André Ulrich passe plus de temps à souder du fer forgé et à faire des travaux de serrurerie qu'à ferrer les sabots des chevaux. Quand il a commencé avec son père à la forge en 1934, il y avait plus de cent chevaux dans la localité, qui devaient tous être ferrés tous les deux mois et demi, sans oublier ceux de Wintzenheim, Neugartheim, Ittlenheim et Fessenheim... « Il y avait des jours où nous avions 50 chevaux à ferrer. La cour était pleine de chevaux et pleine de paysans.

C'était le bon vieux temps... » dit M. Ulrich, pensif. « Et ce qu'il vous cache, » disent ses amis, venus lui dire bonjour, « c'est qu'il était le meilleur et le plus rapide de tous. » « Je pouvais ferrer un cheval en à peine une heure. Aujourd'hui, il me faut presque deux fois plus de temps, parce que les chevaux ne travaillent plus, on s'en occupe moins et ils viennent moins souvent. »
M. Ulrich sait aussi qu'il est le dernier. Il n'en est pas triste, car avant, le travail était pénible. « Dès que la belle saison arrivait, il fallait se lever à 5 heures, car à partir de 10 heures, quand il commençait à faire plus chaud, les chevaux devenaient impatients. »
Il n'en est pas triste, mais il conserve néanmoins soigneusement sur une poutre de sa remise un « Kerbholz » (bâton de taille/bois à entailles), le dernier qu'il possède encore. C'est un morceau de bois dont le propriétaire du cheval et le forgeron possédaient chacun un exemplaire. Chaque fois que le cheval recevait de nouveaux fers, une entaille était faite dans le bois, d'où le nom de Kerbholz. « Et à Noël, chacun comptait les entailles et le propriétaire du cheval payait en fonction de leur nombre. » Début janvier, le morceau de bois était raboté, toutes les anciennes entailles disparaissaient et tout recommençait...
Mais à partir de 1958, les chevaux sont devenus de plus en plus rares dans le village et par conséquent aussi les Kerbholz, qui ne seront bientôt plus que des pièces de musée.


La dernière machine à scier le bois


Kuttolsheim possède encore quelques pièces qui ont une valeur de rareté, dont la vieille voiture 202 avec la machine à scier le bois montée dessus. Elle porte un numéro d'immatriculation avec « AP », a exactement 34 ans, mais le « coupeur de bois » continue de la promener jour après jour dans toute la région, bien que légèrement rouillée et soufflante. On peut alors la voir dans les rues de la commune et dans les 22 autres villages lorsqu'elle coupe le bois pour les particuliers. « Nous allons jusqu'à Hohatzenheim, » dit fièrement son propriétaire. Elle continue donc d'offrir aux enfants, qui se rassemblent toujours autour d'elle, l'image familière de la scie qui bourdonne et de la sciure qui vole joyeusement dans la cour de la ferme. Quand la « 202 » est annoncée, les bûches sont empilées devant les portes et M. Huber, de grosses moufles aux mains, coupe les bûches à la mesure souhaitée. Il effectue ce travail depuis 1933. Mais probablement plus pour longtemps. À cause du pétrole. Son fils continuera ce travail, peut-être encore deux ans, « si tout va bien... »
Maire de père en fils
En ce qui concerne l'artisanat, il y a donc un risque qu'à Kuttolsheim, la plupart des traditions s'éteignent avec la fin du siècle. Mais il existe au moins une tradition – bien que dans un tout autre domaine – qui franchira allègrement le cap de l'an 2000. Depuis le XVIe siècle en effet, la fonction de maire s'est toujours transmise du père au fils. À partir de 1542, un homme de la famille Adam a toujours été maire. Jusqu'à la fin du XIXe siècle. Au début de ce siècle, il y a eu une légère déviation, car le dernier fils de la famille Adam était encore trop jeune pour continuer la fonction. Ce sont alors les Boehler qui ont pris la relève. Mais c'est resté pour ainsi dire dans la famille, car le grand-père du maire actuel a épousé une fille de la famille Adam. M. Georges Boehler, l'actuel maire, en fonction depuis 1968, vit dans la maison qu'habitait la famille Adam en 1542. Quatre siècles cette tradition s'est imposée ! Un riche passé. Peut-être l'un des plus riches parmi les nombreux villages du Pays de Kochersberg.

(texte de France Bittendiebel Avril 1977)

 

 

Kuttolsheim : Un village entre eau et histoire


Le passé thermal oublié
Mais l'histoire la plus étonnante liée à l'eau est sans aucun doute celle de la maison de cure. Car même si cela est tombé dans l'oubli, Kuttolsheim a été une station thermale pendant des siècles.
Aujourd'hui, on ne voit plus que quelques canards et oies sur "Le Lac" à côté de la Chapelle Ste-Barbe, au pied du Zahlberg. Pourtant, avant la guerre, les calèches venant de Strasbourg s'y arrêtaient quotidiennement. La maison située au bord de l'étang était un bain thermal avec des cabines où l'on traitait les maladies rhumatismales et cutanées. Mme Uhlrich, qui habite aujourd'hui cette maison, raconte :

« Mes parents ont été les derniers à acheter les cabines. Ils chauffaient l'eau et il n'était pas rare que vingt malades viennent en une journée. Pendant la guerre, les Allemands ont proposé à mes parents d'aménager ce mini-établissement thermal. Ils n'ont pas voulu. Les Allemands... vous savez. Aujourd'hui, nous n'avons plus les moyens de continuer. Peut-être si la Caisse d'assurance maladie s'y intéressait. »
L'eau peu profonde, qui présente des algues et des dizaines de sources que l'on reconnaît aux bulles montant à la surface, n'est plus qu'un élément décoratif. « C'est vraiment dommage. » Certains vieux habitants de la région racontent encore volontiers qu'ils doivent leur guérison à cette eau.


Histoires de noms et de traditions



Par exemple le « Wingassel »

Autrefois, il y avait ici un pressoir communautaire dans lequel les paysans versaient leur part de vin due aux autorités. Mais ce n'est pas tout. On raconte que le roi Dagobert, qui possédait un château dans la région, fit construire deux énormes conduites jusqu'à Strasbourg. L'une partait de Marlenheim, par où coulait le vin rouge, l'autre partait de Kuttolsheim et y coulait le vin blanc.

Et puis il y a la « Sinngasse », la ruelle où l'on étalonnait les tonneaux.

Et la Bernachplatz, à côté de l'église, qui rappelle que le clocher datant du XIIe siècle et existant toujours, a été payé par deux familles nobles du village, les familles Bernach et Herzog.

Le nom même du village mérite qu'on s'y attarde. D'où vient-il ?
De « Kittenheim » (littéralement : région des coings), qui a longtemps orné le blason de la commune.
Mais aussi de « Kuttel », la cuvette dans laquelle se trouve le village.
Et enfin de « Kittolsheim ». Car au XVIIe siècle – on a du mal à l'imaginer aujourd'hui – le chanvre poussait partout sur les collines et dans la plaine. De nombreux habitants de la région étaient alors tisserands et fabriquaient le Kittel, un vêtement à manches longues que l'on retrouve encore dans les costumes de certains groupes folkloriques.
Au fil des siècles, les tisserands ont été remplacés par des commerçants, des agriculteurs, des ouvriers. Et des vignerons, jusqu'à ce que, à la fin du XIXe siècle, le phylloxéra détruise les vignes sur ce sol pourtant propice au vin. Elles ont été replantées. L'appellation d'origine se fait attendre ici comme dans d'autres communes du Kochersberg. Et toutes ces traditions ont ainsi disparu.

 

Dates historiques

 

1125 – 1130 Construction clocher de l’église St Jacques le Majeur

En 1306 le village fût entouré de murs sur ordre de l’évêque Jean de Dierpheim.

1443 : la part épiscopale est louée à des nobles puis est rachetée par le Chapitre de la Cathédrale en 1479

Au XV ème siècle, l’empire rachetait des mains de l’évêque de Strasbourg la partie épiscopale du village. Kuttolsheim devenait une propriété impériale administrée depuis le Landvogtei de Haguenau.

Une famille noble dont le plus éminent fut le commandeur des Chevaliers teutoniques à Andlau en 1314 vécut à Kuttolsheim.

1631 : Fonts baptismaux de l’église Saint Jacques le Majeur

1642 : les bandes de Mansfeld alternent avec les troupes lorraines pillant le village

La paix de 1648 fut une paix précaire

Le 27 septembre 1674, la moitié du village fut brûlée lors du passage des troupes de Turenne.

En 1750, l’historien Schoepflin affirme que les eaux ne gèlent jamais et que la source se nomme Schwedelbrunne.

Dès le 19 ème siècle, Kuttolsheim devient un gros bourg. La Souffel fait tourner 5 moulins.

Les qualités de l’eau sulfureuse du lac , efficace contre les rhumatismes , attirent les malades.

En 1865 Baquol affirmait que la source avait été abandonnée.

Mais en 1869, on signale l’existence d’un bain privé équipé de 6 à 8 baignoires.

1892 : Devant les dures réalités des crises sociales, une équipe d’hommes dynamiques eut la généreuse idée d’entraide mutuelle (prôné par Frédéric Guillaume Raiffeisen). Ainsi fut né le mutualisme bancaire d’ou la présence du Crédit mutuel de Kuttolsheim.

En 1933, le bain médicinal est encore cité. Une pompe électrique cherchait l’eau à la source même, située à 25 m de la chapelle. Elle était alors réchauffée puis distribuée dans 3 cabines, chacune ayant 2 baignoires.

Le bain coûtait alors 5 francs. On soignait surtout les maladies de peau.

La synagogue, construite en 1822, nécessitait des réparations en 1843. A la fin du siècle dernier, la communauté devait prévoir sa reconstruction, mais elle ne put réaliser son projet qu'au début de ce siècle.

La synagogue a été dévastée en 1940 par la Jeunesse du parti nazi. Elle fut détruite en 1957 car elle menaçait de s'écrouler.

 

Coutumes

Les habitants de Kutttolsheim sont surnommés Schnecke (escargots), d’Lahme (les sans-énergie), les Hintenooch (ceux qui viennent toujours en dernier).

Sur le blason du village, on peut voir un fruit (peut-être un coing (Kitte))

 

Costumes

Costume traditionnel féminin 

Longue jupe rouge, gansée de noir sans rubans dans le bas, un tablier en soie broché ou brodé, un corselet haut en brocart ou velours attenant à la jupe, un devancier ou plastron pailleté glissé derrière le laçage du corselet, une chemise de lin à la coupe droite, aux manches longues ou jusqu’aux coudes, une collerette ronde en valenciennes plissée.

La coiffe des jeunes filles est un nœud de couleur (fond noir à fleurs colorées damassées, fond grège à fleurs multicolores imprimées) noué sur une calotte de velours noir brodé. Les femmes mariées portent une coiffe à nœud noir, aux longs pans flottant dans le dos, souvent prolongés par une fine dentelle noire.

 

Costume traditionnel masculin

Les hommes portent le gilet rouge à double rangée de boutons, le pantalon de drap noir à pont, la courte veste noire et le chapeau à calotte basse et bords plats.

costumes de Kuttolsheim

 

Démographie

 

(Source : INSEE )

1851
1900
1936
1962
1968
1975
1982
1990
1999
2005
2010
833
653
475
390
413
452
479
599
631
649
680

 

 

L'histoire des orgues de Kuttolsheim

Elle commence en 1827.

Il s'agissait, pour le Conseil municipal, d'en justifier l'achat :
Les habitants font en automne une dernière collecte en vue de pourvoir à l'acquisition d'orgues pour l'église .

Le premier orgue de Kuttolsheim sera donc justifié, petit (1 clavier de 9 Jeux et Pédale de 3 jeux sur 13 notes), et de bonne facture : STIEHR, 1828.
On peut supposer que la Composition était la suivante :

  • Manuel (54 notes) : Bourdon 8', Salicional 8', Montre 4', Flûte à cheminée 4', Nasard, Doublette, Fourniture, Cornet 4 rgs, Trompette
  • Pédale (13 notes) : Flûtes 8' et 4', Trompette

Kuttolsheim fit agrandir son église entre 1866 et 1868 . Ce sont les Frères WETZELqui, probablement, assurèrent le démontage / remontage de l'orgue, firent des réparations et aussi quelques modifications (une Flûte traversière 4' à la place du Nasard et un Salicet à la place du Salicional 8').

En 1904, il y eut une transformation par Aloïse LORENTZ (il s'agissait de remplacer la Trompette manuelle par un jeu de Fonds et sûrement d'enlever la Tierce 1'3/5 du Cornet 4 rangs). La Pédale fut complétée à 27 notes, et surtout complétée par un 16 pieds, toujours avec 3 Jeux seulement (Soubasse, Bourdon 8', Trompette).

C'est en Janvier 1918 que les tuyaux de façade furent retirés, donc à la fin de la réquisition du métal par les autorités allemandes. Ce fut la fin du petit orgue Stiehr (ou de ce qu'il en restait), car à l'occasion du remplacement de cette façade, (par des tuyaux de zinc) en 1939, Adolphe BLANARSCH se lança dans une reconstruction totale, avec pneumatisation.

Même le Buffet fut remanié, en imitation des autels.

Mais Blanarsch ne finit pas cet orgue. C'est à Frédéric HAERPFER qu'il faut attribuer l'instrument, avec ses Sommiers à Gravures moitié mécaniques, moitié pneumatiques.
Il n'y avait ni Quintaton au Récit, ni Hautbois de Pédale : ces Jeux ont été placés en 1943 par Ernest MUHLEISEN .
La Maison Muhleisen revint faire des réparations en 1959 et 1961.

Transmission : pneumatique, Sommiers à Gravures. La Console est indépendante, mais tournée vers l'orgue.
Il y a quatre Combinaisons fixes (Piano, Mezzo Forte, Fortissimo, Tutti).

 

La Chapelle du Mont des Oliviers

Depuis le 18 ème siècle un édifice abritant Le Mont des Oliviers se dresse dans le cimetière entourant l’église paroissiale.

Les fidèles y venaient pour toutes sortes de guérison (maladies des yeux, maux de tête, maux de coeur etc…)

Des ex-votos étaient visible jusqu'en 1950.


 

Le saviez vous ?

Il existe une photo aérienne de 1948 faite par l’Armée de l’Air du site gallo-romain de Kuttolsheim.

Monsier Stieber est l’inventeur du site.

Une maison de Kuttolsheim a été reconstruite à l'Ecomusée d'Ungersheim.

D'ou vient le nom Kuttolsheim ??

Le nom "Kuttolsheim" est d'origine germanique. Il est issu de la contraction de deux mots : "Kuttilo" et "Heim".

"Kuttilo" était le nom d'une personne, peut-être un chef de tribu ou un propriétaire terrien, tandis que "Heim" signifie "maison" ou "foyer" en allemand. Ainsi, "Kuttilo's Heim" signifie littéralement "la maison de Kuttilo".

Kuttolsheim est connu aujourd’hui pour son Institut Européen de Bouddhisme Tibétain, et l’accueil que la commune a réservé par deux fois à sa Sainteté le Dalaî Lama.

Monuments historiques et bâtiments protégés de Kuttolsheim

Cliquez sur le lien suivant:

http://www.actuacity.com/kuttolsheim_67520/monuments/

Vidéo très interressante sur le village