
« Quel
beau jardin ! » se serait écrié
Louis XIV découvrant pour la première fois le Kochersberg du
haut du col de Saverne.
Historique
Situation géographique
Latitude : 48°3836
4 ------ Longitude
: 7°3128 Est ---- Altitude
: 160 m
Le KOCHERSBERG, coteau au nord-ouest
de Strasbourg, était couronné d'un château
fort appartenant aux évêques de Strasbourg. Ce
château a été pris et repris très
souvent à l'époque ou les évèques
n'hésitaient pas à soutenir leurs prétentions
l'épée à la main, sa position suffit à
expliquer la grande place qu'il occupait dans l'Histoire. Il
ne reste aujourd'hui plus rien de la forteresse .
C'est pourtant cette citadelle
qui a donne son nom à toute cette region qui constituait,
en effet, par la richesse de son sol une inépuisable
source de fortune et, par consequent, de puissance pour celui
qui en était le maître.
Le village de Kuttolsheim est situé
dans la partie méridionale du Kochersberg au débouché
du vallon de la Souffel qui y prend sa source.
Kuttolsheim est vraiment un charmant
petit endroit, et cela, non seulement pour le plaisir de ses
habitants. C'est l'un de ces lieux bénis dont rêvent
les citadins, à qui manquent le calme, la verdure et
les relations humaines sans agressivité ni impatience.
Les habitants sont prêts
à parler de leur commune au riche passé. Le seul
nom de la commune, avec son évolution qui a connu des
douzaines de variantes, pourrait fournir matière à
des discussions de plusieurs heures. Parmi elles, Kittenheim
est celle que les habitants connaissent le mieux, bien que les
coings, qui ont longtemps orné les armoiries de la commune,
aient disparu depuis longtemps. Par contre, la réalité
que désigne Kuttolsheim est extrêmement vivante.
Le "Kuttel", la cuvette
dans laquelle le village est niché, est toujours là.
Et c'est sans doute elle qui fait de Kuttolsheim un pays de
sources. L'eau est effectivement omniprésente. Il y a
deux décennies, elle mettait encore en mouvement cinq
moulins.
ARCHEOLOGIE
Situé à mi-distance
entre Saverne et Strasbourg, Kuttolsheim joua un rôle
important pendant la période romaine dont la valeur est
attestée par un ensemble de découvertes archéologiques.
C’était un nœud routier
à l’intersection de 2 axes stratégiques, le premier
correspondait à la voie Strasbourg- Saverne puis Metz
(Divodurum); voie que l’on nomme d’Remerstross et le second
axe de Marlenheim à TRuchtersheim. Kuttolsheim se trouvait
aussi à la jonction de routes secondaires, l’une venait
de Lorraine par Wasselonne et Nordheim, une autre en partance
de Hochfelden en passant par Neugartheim.
Période romaine, l'eau de la Souffel
Tout d'abord, la rue principale s'appelle ici
la Romerstrasse (Rue des Romains). Pour ravitailler en eau potable
Argentoratum (Strasbourg), les Romains amenaient l'eau d'ici,
qui ne gèle jamais et a une température constante
de 11°C, jusqu'à Strasbourg via un aqueduc de 19
km de long, composé de 73 000 tuyaux en terre cuite,
dont on peut encore voir les vestiges au Musée Alsacien.
» En effet, cette eau est omniprésente à
Kuttolsheim. Elle jaillit du sol par d'innombrables sources.
Il y a encore deux siècles, elle actionnait les roues
de cinq moulins.
En effet, la SOUFFEL est alimentee
par des sources d'eau sulfureuse, dont l'une naît sous
l'autel d'une petite chapelle, qui sont recueillies par le Schweffesee
(lac de souffre) où la rivière trouverait son
etymologie.
On peut puiser sans crainte d'assechement dans ce petit reservoir
: le débit des sources souterraines atteint 17 litres
à la seconde. Et outre les vertues therapeutiques de
cette eau sulfureuse, elle a une temperature constante de 11
à 13° et ne gèle donc jamais, même durant
les hivers les plus rigoureux.
L'importance du debit de ses sources est prouvée : à
80 metres de sa source tournait déja le premier moulin.
Aujourd'hui encore, elle fait partie
de la vie quotidienne de la population.
À Kuttolsheim, au siècle dernier, de nombreuses
femmes lavaient encore leur linge dans la Souffel. « En
hiver, quand il fait froid, la vapeur s'en échappe et
on peut s'y réchauffer les mains. »
Le vin, toujours le vin
On raconte cependant que le roi Dagobert, qui possédait
un domaine dans les environs, avait construit deux immenses
conduites jusqu'à Strasbourg. L'une partait de Marlenheim
et acheminait le vin rouge, l'autre de Kuttolsheim, et par celle-ci
coulait le vin blanc à flots. D'ailleurs, les habitants
peuvent s'étendre des heures sur ce sujet.
Ils parlent aussi des noms de rues
: du « Wingaessel » (ruelle du vin), où se
trouvait autrefois le pressoir commun, où les paysans
versaient leur dû aux autorités; de la «
Sinngasse » (ruelle du jaugeage), qui rappelle les tonneaux
jaugés « mesuré, jaugé ». «
D'ailleurs, le restaurant où les villageois se retrouvaient
tous les dimanches après la messe pour prendre l'apéritif
s'appellait «Le Vignoble ». Ce qui prouve encore
une fois que la viticulture était autrefois l'une des
principales activités de la commune.
Et inévitablement, on en
vient à regretter l'époque où le Riesling
de Kuttolsheim était célèbre et à
parler du phylloxéra qui, à la fin du XIXe siècle,
a déraciné les vignes sur un sol si fertile.
La Souffel et ses moulins
Selon les archéologues,
cet aqueduc a probablement été construit par les
ingénieurs de la légion VIII Augusta (des tuiles
estampillées ont été trouvées en
plusieurs endroit de la tranchée de l'aqueduc). Cet ouvrage
avait un dénivelé de 60 m (soit une pente moyenne
de 0,2%), était constitué de 2 tuyaux parallèles,
comprenants de petits éléments en céramiques
légèrement coniques de 62 cm à 65 cm de
long pour 25 cm de diamètre. Au niveau des joints d'assemblage,
une petite rainure permet la tenue du mortier de chaux. Plus
de 83000 tuyaux sortirent des tuileries légionnaires
d'Argentoratum.
Des regards en grès (columnaria) étaient aménagés
à intervalles réguliers, permettant le contrôle
des débits, la maintenance et de réduire la pression
interne dans la conduite. Une route, destinée
à l'entretien et aux réparations longeait l'ouvrage.
Période mérovingienne
Au lieu-dit "Hinter Gasse ",
des sépultures mérovingiennes ont été
découvertes.
Trois nouveaux sarcophages (propriété
Stoll) furent retrouvés entre 1938 et 1939
- le premier de dimensions 1,52 m x 50 cm,
hauteur de 40 cm orientée ouest-est contenait le
squelette d’un enfant de 3 ans ainsi qu’un vase avec des
restes de nourriture calcinés
- le second sarcophage 10 cm à côté
du premier 1,90 m x 54 cm x 50 cm contenait les restes d’un
enfant de 7 ans, un collier, un bracelet en perles de verre,
des pièces percées, d’une boucle en fer et
d’un vase décoré de croissants.
- le troisième était fait de
dalles en grés ( 1,90 m x 65 cm) et renfermait le
squelette d’un adulte. Cette tombe contenait aussi une garniture
de ceinture en fer, un couteau et un vase.
La datation de ces tombes :
7ème siècle
Le nom de Cuttelsheim apparaît
dès 758 sur un acte de donation au profit de l’abbaye
de Schwazach (Bade).
Le temps des artisants
(extrait DNA Avril 1977)
Avant que le village ne s'appelle
Kuttolsheim, il avait bien une douzaine de noms, allant de <
Cuttelosheim > au 8e siècle à Gutholsheim et
Kittenheim en passant par ... « Kittols- heim ».
En effet, au 17e siècle
- il est difficile de se l'imaginer - les collines, la plaine
étaient cultivées en chanvre. À cette époque,
de nombreux habitants étaient tisserands et tissaient
les « Kittel » (blouses, chemises) à longues
manches, que l'on retrouve encore aujourd'hui dans le costume
de certains groupes folkloriques. Au fil des siècles,
les tisserands ont été remplacés par des
hommes d'affaires, des paysans et des ouvriers.
Cependant, si l'on quitte la rue
principale, il arrive que l'on trouve encore, dans une ruelle,
dans une cour, de tels artisans qui ont poursuivi toute leur
vie la tradition de leurs ancêtres et qui savent très
bien qu'ils sont les derniers, les « Allerletschte »
(les tout derniers). C'est le portail d'une ferme comme tant
d'autres. Aucun étranger ne se doute que, après
avoir franchi ce portail, monté quelques marches, on
arrive à l'atelier du cordonnier.

Une petite pièce sombre,
où des chaussures, des ceintures et des outils sont empilés
et où règne une forte odeur de cuir et de colle.
Et cette pièce sombre mène étrangement
à une magnifique cour intérieure, où des
arbres poussent et des poireaux s'épanouissent. C'est
là que M. Charles Gangloff, coiffé d'une casquette
et portant un tablier de cuir, vous regarde attentivement par-dessus
ses petites lunettes et pose son marteau. « Je suis le
dernier « Schuhpeches » (cordonnier) du village.
Non, cela ne vient pas de « Pech » (malheur, poix),
mais de « Pech » (poix), la colle de cordonnier
que M. Gangloff utilise depuis 1918.
Car M. Gangloff, aujourd'hui âgé
de 70 ans, a commencé son apprentissage à l'âge
de 14 ans. Son arrière-grand-père, son grand-père,
son père, ses deux frères, et même ses deux
beaux-fils étaient cordonniers. Une véritable
« Pechesfamilie » (famille de cordonniers) donc,
qui a travaillé comme on ne travaille plus aujourd'hui.
« Au début, nous fabriquions de nouvelles chaussures.
Clouées sur bois quand nous étions encore allemands,
« cousues main » quand nous sommes redevenus français.
» Et puis après la guerre, tout a changé.
« Ensuite, « ils » ont fabriqué les
chaussures et nous, par contre, nous n'avons fait que les réparations.
Certes, il y a différents matériaux à travailler,
mais à part ça, le travail est toujours le même.
Et pour prouver qu'autrefois c'était plus intéressant,
M. Gangloff sort une chaussure. Une toute petite chaussure noire,
presque un jouet, qu'il a fabriquée en 1925. «
Pour cette chaussure d'enfant, j'ai utilisé toutes les
techniques et tous les outils du cordonnier. » Et il montre
les parties cousues sur la trépointe, les parties clouées
avec du bois et du fer, les pièces collées, celles
travaillées au rouleau, les parties arrondies. Combien
de temps lui a-t-il fallu pour réaliser ce chef-d'uvre
? Une journée entière ! Est-il alors étonnant
qu'il qualifie la plupart des chaussures qui arrivent aujourd'hui
sur le marché, d'un ton définitif, de «
bil-aabn lige Schlappe » (savates bon marché) ?
S'il pouvait recommencer sa vie, il redeviendrait cordonnier,
mais comme il l'était avant la guerre ! « D'autant
plus qu'aujourd'hui, ce n'est plus rentable. » Son fils,
par exemple, qui a également appris le métier
de cordonnier, a dû se reconvertir. Aujourd'hui, il est
mécanicien. Ce que M. Gangloff regrette le plus, finalement,
ce sont les fins de journée d' autrefois, lorsque les
badauds se rassemblaient tous les jours devant sa boutique.
Aujourd'hui, les commérages quotidiens se tiennent devant
la laiterie, c'est là que l'on se retrouve.
Avant, c'était chez M. Gangloff,
le cordonnier, ou chez André, le forgeron...
Deux chevaux pour un village entier
...
Aujourd'hui, il ne reste plus
que deux chevaux dans tout le village. Et M. André Ulrich
passe plus de temps à souder du fer forgé et à
faire des travaux de serrurerie qu'à ferrer les sabots
des chevaux. Quand il a commencé avec son père
à la forge en 1934, il y avait plus de cent chevaux dans
la localité, qui devaient tous être ferrés
tous les deux mois et demi, sans oublier ceux de Wintzenheim,
Neugartheim, Ittlenheim et Fessenheim... « Il y avait
des jours où nous avions 50 chevaux à ferrer.
La cour était pleine de chevaux et pleine de paysans.
C'était le bon vieux temps...
» dit M. Ulrich, pensif. « Et ce qu'il vous cache,
» disent ses amis, venus lui dire bonjour, « c'est
qu'il était le meilleur et le plus rapide de tous. »
« Je pouvais ferrer un cheval en à peine une heure.
Aujourd'hui, il me faut presque deux fois plus de temps, parce
que les chevaux ne travaillent plus, on s'en occupe moins et
ils viennent moins souvent. »
M. Ulrich sait aussi qu'il est le dernier. Il n'en est pas triste,
car avant, le travail était pénible. « Dès
que la belle saison arrivait, il fallait se lever à 5
heures, car à partir de 10 heures, quand il commençait
à faire plus chaud, les chevaux devenaient impatients.
»
Il n'en est pas triste, mais il conserve néanmoins soigneusement
sur une poutre de sa remise un « Kerbholz » (bâton
de taille/bois à entailles), le dernier qu'il possède
encore. C'est un morceau de bois dont le propriétaire
du cheval et le forgeron possédaient chacun un exemplaire.
Chaque fois que le cheval recevait de nouveaux fers, une entaille
était faite dans le bois, d'où le nom de Kerbholz.
« Et à Noël, chacun comptait les entailles
et le propriétaire du cheval payait en fonction de leur
nombre. » Début janvier, le morceau de bois était
raboté, toutes les anciennes entailles disparaissaient
et tout recommençait...
Mais à partir de 1958, les chevaux sont devenus de plus
en plus rares dans le village et par conséquent aussi
les Kerbholz, qui ne seront bientôt plus que des pièces
de musée.
La dernière machine à scier le bois

Kuttolsheim possède encore quelques pièces qui
ont une valeur de rareté, dont la vieille voiture 202
avec la machine à scier le bois montée dessus.
Elle porte un numéro d'immatriculation avec « AP
», a exactement 34 ans, mais le « coupeur de bois
» continue de la promener jour après jour dans
toute la région, bien que légèrement rouillée
et soufflante. On peut alors la voir dans les rues de la commune
et dans les 22 autres villages lorsqu'elle coupe le bois pour
les particuliers. « Nous allons jusqu'à Hohatzenheim,
» dit fièrement son propriétaire. Elle continue
donc d'offrir aux enfants, qui se rassemblent toujours autour
d'elle, l'image familière de la scie qui bourdonne et
de la sciure qui vole joyeusement dans la cour de la ferme.
Quand la « 202 » est annoncée, les bûches
sont empilées devant les portes et M. Huber, de grosses
moufles aux mains, coupe les bûches à la mesure
souhaitée. Il effectue ce travail depuis 1933. Mais probablement
plus pour longtemps. À cause du pétrole. Son fils
continuera ce travail, peut-être encore deux ans, «
si tout va bien... »
Maire de père en fils
En ce qui concerne l'artisanat, il y a donc un risque qu'à
Kuttolsheim, la plupart des traditions s'éteignent avec
la fin du siècle. Mais il existe au moins une tradition
bien que dans un tout autre domaine qui franchira
allègrement le cap de l'an 2000. Depuis le XVIe siècle
en effet, la fonction de maire s'est toujours transmise du père
au fils. À partir de 1542, un homme de la famille Adam
a toujours été maire. Jusqu'à la fin du
XIXe siècle. Au début de ce siècle, il
y a eu une légère déviation, car le dernier
fils de la famille Adam était encore trop jeune pour
continuer la fonction. Ce sont alors les Boehler qui ont pris
la relève. Mais c'est resté pour ainsi dire dans
la famille, car le grand-père du maire actuel a épousé
une fille de la famille Adam. M. Georges Boehler, l'actuel maire,
en fonction depuis 1968, vit dans la maison qu'habitait la famille
Adam en 1542. Quatre siècles cette tradition s'est imposée
! Un riche passé. Peut-être l'un des plus riches
parmi les nombreux villages du Pays de Kochersberg.
(texte de France Bittendiebel Avril 1977)
Kuttolsheim : Un village entre eau et histoire
Le passé thermal oublié
Mais l'histoire la plus étonnante liée
à l'eau est sans aucun doute celle de la maison de cure.
Car même si cela est tombé dans l'oubli, Kuttolsheim
a été une station thermale pendant des siècles.
Aujourd'hui, on ne voit plus que quelques canards et oies sur
"Le Lac" à côté de la Chapelle
Ste-Barbe, au pied du Zahlberg. Pourtant, avant la guerre, les
calèches venant de Strasbourg s'y arrêtaient quotidiennement.
La maison située au bord de l'étang était
un bain thermal avec des cabines où l'on traitait les
maladies rhumatismales et cutanées. Mme Uhlrich, qui
habite aujourd'hui cette maison, raconte :

« Mes parents ont été
les derniers à acheter les cabines. Ils chauffaient l'eau
et il n'était pas rare que vingt malades viennent en
une journée. Pendant la guerre, les Allemands ont proposé
à mes parents d'aménager ce mini-établissement
thermal. Ils n'ont pas voulu. Les Allemands... vous savez. Aujourd'hui,
nous n'avons plus les moyens de continuer. Peut-être si
la Caisse d'assurance maladie s'y intéressait. »
L'eau peu profonde, qui présente des algues et des dizaines
de sources que l'on reconnaît aux bulles montant à
la surface, n'est plus qu'un élément décoratif.
« C'est vraiment dommage. » Certains vieux habitants
de la région racontent encore volontiers qu'ils doivent
leur guérison à cette eau.
Histoires de noms et de traditions
Par exemple le « Wingassel »
Autrefois, il y avait ici un pressoir
communautaire dans lequel les paysans versaient leur part de
vin due aux autorités. Mais ce n'est pas tout. On raconte
que le roi Dagobert, qui possédait un château dans
la région, fit construire deux énormes conduites
jusqu'à Strasbourg. L'une partait de Marlenheim, par
où coulait le vin rouge, l'autre partait de Kuttolsheim
et y coulait le vin blanc.
Et puis il y a la « Sinngasse
», la ruelle où l'on étalonnait
les tonneaux.
Et la Bernachplatz, à
côté de l'église, qui rappelle que le clocher
datant du XIIe siècle et existant toujours, a été
payé par deux familles nobles du village, les familles
Bernach et Herzog.
Le nom même du village mérite
qu'on s'y attarde. D'où vient-il ?
De « Kittenheim » (littéralement : région
des coings), qui a longtemps orné le blason de la commune.
Mais aussi de « Kuttel », la cuvette dans laquelle
se trouve le village.
Et enfin de « Kittolsheim ». Car au XVIIe siècle
on a du mal à l'imaginer aujourd'hui le
chanvre poussait partout sur les collines et dans la plaine.
De nombreux habitants de la région étaient alors
tisserands et fabriquaient le Kittel, un vêtement à
manches longues que l'on retrouve encore dans les costumes de
certains groupes folkloriques.
Au fil des siècles, les tisserands ont été
remplacés par des commerçants, des agriculteurs,
des ouvriers. Et des vignerons, jusqu'à ce que, à
la fin du XIXe siècle, le phylloxéra détruise
les vignes sur ce sol pourtant propice au vin. Elles ont été
replantées. L'appellation d'origine se fait attendre
ici comme dans d'autres communes du Kochersberg. Et toutes ces
traditions ont ainsi disparu.
Dates historiques
1125 – 1130 Construction clocher
de l’église St Jacques le Majeur
En 1306 le village fût entouré
de murs sur ordre de l’évêque Jean de Dierpheim.
1443 : la part épiscopale
est louée à des nobles puis est rachetée
par le Chapitre de la Cathédrale en 1479
Au XV ème siècle,
l’empire rachetait des mains de l’évêque de Strasbourg
la partie épiscopale du village. Kuttolsheim devenait
une propriété impériale administrée
depuis le Landvogtei de Haguenau.
Une famille noble dont le plus
éminent fut le commandeur des Chevaliers teutoniques
à Andlau en 1314 vécut à Kuttolsheim.
1631 : Fonts baptismaux de
l’église Saint Jacques le Majeur
1642 : les bandes de Mansfeld
alternent avec les troupes lorraines pillant le village
La paix de 1648 fut une paix précaire
Le 27 septembre 1674, la moitié
du village fut brûlée lors du passage des troupes
de Turenne.
En 1750, l’historien Schoepflin
affirme que les eaux ne gèlent jamais et que la source
se nomme Schwedelbrunne.
Dès le 19 ème siècle,
Kuttolsheim devient un gros bourg. La Souffel fait tourner 5
moulins.
Les qualités de l’eau sulfureuse
du lac , efficace contre les rhumatismes , attirent les malades.
En 1865 Baquol affirmait que la
source avait été abandonnée.
Mais en 1869, on signale l’existence
d’un bain privé équipé de 6 à 8
baignoires.
1892 : Devant les dures réalités
des crises sociales, une équipe d’hommes dynamiques eut
la généreuse idée d’entraide mutuelle (prôné
par Frédéric Guillaume Raiffeisen). Ainsi fut
né le mutualisme bancaire d’ou la présence du
Crédit mutuel de Kuttolsheim.
En 1933, le bain médicinal
est encore cité. Une pompe électrique cherchait
l’eau à la source même, située à
25 m de la chapelle. Elle était alors réchauffée
puis distribuée dans 3 cabines, chacune ayant 2 baignoires.
Le bain coûtait alors 5 francs.
On soignait surtout les maladies de peau.
La synagogue, construite en 1822,
nécessitait des réparations en 1843. A la fin
du siècle dernier, la communauté devait prévoir
sa reconstruction, mais elle ne put réaliser son projet
qu'au début de ce siècle.
La synagogue a été
dévastée en 1940 par la Jeunesse du parti nazi.
Elle fut détruite en 1957 car elle menaçait de
s'écrouler.
Coutumes
Les habitants de Kutttolsheim sont
surnommés Schnecke (escargots), d’Lahme (les sans-énergie),
les Hintenooch (ceux qui viennent toujours en dernier).
Sur le blason du village, on peut
voir un fruit (peut-être un coing (Kitte))
Costumes
Costume traditionnel féminin
Longue jupe rouge, gansée
de noir sans rubans dans le bas, un tablier en soie broché
ou brodé, un corselet haut en brocart ou velours attenant
à la jupe, un devancier ou plastron pailleté glissé
derrière le laçage du corselet, une chemise de
lin à la coupe droite, aux manches longues ou jusqu’aux
coudes, une collerette ronde en valenciennes plissée.
La coiffe des jeunes filles est
un nœud de couleur (fond noir à fleurs colorées
damassées, fond grège à fleurs multicolores
imprimées) noué sur une calotte de velours noir
brodé. Les femmes mariées portent une coiffe à
nœud noir, aux longs pans flottant dans le dos, souvent prolongés
par une fine dentelle noire.
Costume traditionnel masculin
Les hommes portent le gilet rouge
à double rangée de boutons, le pantalon de drap
noir à pont, la courte veste noire et le chapeau à
calotte basse et bords plats.

Démographie
(Source : INSEE )
|
1851
|
1900
|
1936
|
1962
|
1968
|
1975
|
1982
|
1990
|
1999
|
2005
|
2010
|
|
833
|
653
|
475
|
390
|
413
|
452
|
479
|
599
|
631
|
649
|
680
|
L'histoire des orgues de Kuttolsheim
Elle commence en 1827.
Il s'agissait, pour le Conseil municipal, d'en
justifier l'achat :
Les habitants font en automne une dernière collecte
en vue de pourvoir à l'acquisition d'orgues pour l'église
.
Le premier orgue de Kuttolsheim sera donc justifié,
petit (1 clavier de 9 Jeux et Pédale de 3 jeux sur 13
notes), et de bonne facture : STIEHR, 1828.
On peut supposer que la Composition était la suivante
:
- Manuel (54 notes) : Bourdon
8', Salicional
8', Montre 4',
Flûte à cheminée
4', Nasard, Doublette, Fourniture, Cornet
4 rgs, Trompette
- Pédale (13 notes) : Flûtes
8' et 4', Trompette
Kuttolsheim fit agrandir son église
entre 1866 et 1868 . Ce sont les Frères WETZELqui, probablement,
assurèrent le démontage / remontage de l'orgue,
firent des réparations et aussi quelques modifications
(une Flûte traversière 4' à la place du
Nasard et un Salicet à la place du Salicional 8').
En 1904, il y eut une transformation
par Aloïse LORENTZ (il s'agissait de remplacer la Trompette
manuelle par un jeu de Fonds et sûrement d'enlever la
Tierce 1'3/5 du Cornet 4 rangs). La Pédale fut complétée
à 27 notes, et surtout complétée par un
16 pieds, toujours avec 3 Jeux seulement (Soubasse, Bourdon
8', Trompette).
C'est en Janvier 1918 que les tuyaux de façade
furent retirés, donc à la fin de la réquisition
du métal par les autorités allemandes. Ce fut
la fin du petit orgue Stiehr (ou de ce qu'il en restait), car
à l'occasion du remplacement de cette façade,
(par des tuyaux de zinc) en 1939, Adolphe BLANARSCH se
lança dans une reconstruction totale, avec pneumatisation.
Même le Buffet fut remanié, en
imitation des autels.
Mais Blanarsch ne finit pas cet
orgue. C'est à Frédéric HAERPFER qu'il
faut attribuer l'instrument, avec ses Sommiers à Gravures
moitié mécaniques, moitié pneumatiques.
Il n'y avait ni Quintaton au Récit, ni Hautbois de Pédale
: ces Jeux ont été placés en 1943
par Ernest MUHLEISEN .
La Maison Muhleisen revint faire des réparations en 1959
et 1961.
Transmission : pneumatique, Sommiers
à Gravures. La Console est indépendante, mais
tournée vers l'orgue.
Il y a quatre Combinaisons fixes (Piano, Mezzo Forte, Fortissimo,
Tutti).
La Chapelle du Mont des Oliviers
Depuis le 18 ème siècle
un édifice abritant Le Mont des Oliviers se dresse dans
le cimetière entourant l’église paroissiale.
Les fidèles y venaient pour toutes sortes
de guérison (maladies des yeux, maux de tête, maux
de coeur etc…)
Des ex-votos étaient visible jusqu'en
1950.
Le saviez vous ?
Il existe une photo aérienne
de 1948 faite par l’Armée de l’Air du site gallo-romain
de Kuttolsheim.
Monsier Stieber est l’inventeur
du site.
Une maison de Kuttolsheim a été
reconstruite à l'Ecomusée d'Ungersheim.
D'ou vient le nom Kuttolsheim
??
Le nom "Kuttolsheim"
est d'origine germanique. Il est issu de la contraction de deux
mots : "Kuttilo" et "Heim".
"Kuttilo" était le nom d'une
personne, peut-être un chef de tribu ou un propriétaire
terrien, tandis que "Heim" signifie "maison"
ou "foyer" en allemand. Ainsi, "Kuttilo's Heim"
signifie littéralement "la maison de Kuttilo".
Kuttolsheim est connu aujourdhui pour
son Institut Européen de Bouddhisme Tibétain,
et laccueil que la commune a réservé par
deux fois à sa Sainteté le Dalaî Lama.
Monuments historiques et bâtiments
protégés de Kuttolsheim
Cliquez sur le lien suivant:
http://www.actuacity.com/kuttolsheim_67520/monuments/
Vidéo
très interressante sur le village
